Témoignage

Crise Covid : Les industriels peuvent compter sur les ingénieristes

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Tribune de Damien Convert, directeur des ventes & Marketing

Depuis le début de la crise sanitaire Covid-19, la presse et les commentateurs en appellent régulièrement au « monde d’après », mélangeant des aspirations sociales, environnementales, économiques… et bien souvent politiques. Mais peu s’intéressent à l’industrie qui représente tout de même le quart[1] de la valeur ajoutée française. Notre présence mondiale en tant qu’ingénieriste nous offre un point de vue singulier sur les impacts de la crise dans l’industrie, et une sereine conviction sur les apports stratégiques et opérationnels des sociétés d’ingénierie pour la sortie de crise, qui s’annonce enfin.

Demain tout de suite.

Si ce « monde d’après » ne sera pas fondamentalement différent de l’ancien, il s’est en revanche invité beaucoup plus tôt que prévu : la crise a cristallisé des évolutions en gestation, amplifié des signaux faibles, et va très probablement accélérer certaines transitions déjà amorcées. Bien sûr, l’amplitude des évolutions dépendra des effets systémiques propres à chaque secteur industriel, à chaque marché, à chaque zone géographique. Nous recensons cependant quelques leviers communs et/ou fréquents (sans hiérarchie d’importance).

D’abord l’attitude des clients, des consommateurs grand-public aux institutionnels (État, collectivités, administration), en passant par le B2B : plus attachés à produire localement, plus vertueux (RSE, économie du partage, essor de la location…), probablement moins riches… et peut-être plus patients.

Ensuite le renforcement des contraintes et aspirations environnementales, avec déjà des aides conditionnées à des choix d’investissement ou d’exploitation (cf. prêt d’Air France), et probablement des réglementations ou décisions temporaires qui pourraient durer jusqu’à se transformer en dispositions pérennes. C’est sans doute le cas pour les règlements sanitaires, qui pourraient par exemple pousser tous les transports publics à adopter définitivement des systèmes de filtration de l’air similaires à ceux de l’aviation commerciale, ou encore les stations d’épuration à maintenir l’hygiénisation des boues d’épuration avant épandage[2].

Enfin, la crise économique, que de nombreux analystes annonçaient déjà avant la crise sanitaire, se dessine désormais avec quasi-certitude. Elle se manifestera notamment par un déficit d’investissement, à la fois par manque de moyens et par difficulté à se projeter dans un monde incertain. Les industriels devront donc privilégier les cycles courts, l’adaptation des moyens existants, la transversalité technologique, l’innovation, la mutualisation…

Optimisation et flexibilité

Comment évoluer sereinement dans un environnement devenu imprévisible, où la valorisation de Tesla dépasse celle de Volkswagen (sans gagner d’argent !), où le cours du pétrole fait le yoyo, et où l’activité mondiale peut se mettre en pause du jour au lendemain ? En misant sur l’agilité, la flexibilité, et la sobriété d’investissement… avec l’aide opérationnelle des sociétés d’ingénierie.

Dès maintenant, l’industrie tente de rattraper le retard dû au confinement. Les enjeux sont ainsi essentiellement liés à la capacité de production qu’il faut rapidement optimiser pour produire plus, mais aussi flexibiliser pour produire « varié », afin de satisfaire un maximum des commandes en souffrances. Ces évolutions reposent sur des compétences maîtrisées par les ingénieristes, capables de revoir produits et process en fonction des nouvelles contraintes avec l’aide des technologies les plus récentes de l’état de l’art. Ce « coup de boost » nécessite non seulement l’usage des méthodes et outils de travail les plus performantes (design numérique, prototypage rapide…) mais aussi les ressources humaines suffisantes, malgré l’absence physique de nombreux collaborateurs. Voici d’ailleurs l’un des rares points positifs de cette crise : la confiance dans le télétravail. Les équipes distribuées ont eu l’occasion de prouver leur efficacité à distance, parfois même supérieure au présentiel ! Nous l’avons nous-mêmes validé, en passant 2 000 collaborateurs au télétravail en 3 jours seulement, puis 5 000 dans les 3 semaines suivantes, sans impact opérationnel ni qualitatif. La pérennisation de ce mode de travail est sérieusement envisageable, d’autant plus qu’elle facilite la création d’équipes ad hoc, sans limites sur les lieux de résidence des experts concernés.

Viendra ensuite (mais rapidement) le temps de l’adaptation profonde de l’industrie à ce « monde d’après ». Là encore, optimisation et flexibilité seront les maîtres mots : optimisation des flottes dans les transports, redesign des produits pour plus de versatilité, flexibilité des lignes de production (cadence, technologies, nature de la production…). Des sujets non seulement habituels pour les sociétés d’ingénierie, mais aussi profondément inscrits dans nos gènes. Aux optimisations techniques, ajoutons enfin l’optimisation des investissements, à laquelle notre secteur est rompu, et a démontré son savoir-faire : dans l’automobile avec le carry-over (réutilisation maximale des moyens existants), dans le design-to-cost, et plus largement dans les transports ou les infrastructures avec l’optimisation des assets.

Méthode et expertise

Pour assister au mieux l’industrie dans cette étape complexe et déconcertante, les ingénieristes exploitent les fondamentaux de leur métier. Notre mission est de trouver des solutions techniques, de les concrétiser, et de régler les problèmes en s’appuyant sur des méthodes de travail éprouvées, des expertises transverses multi-sectorielles et internationales, et les compétences sans cesse remises à jour de nos collaborateurs. Notre innovation pragmatique et opérationnelle, consubstantielle de notre métier, prend aujourd’hui tout son sens car l’industrie a plus que jamais besoin de solutions fiables et immédiatement exploitables. Nous l’avons d’ailleurs récemment démontré en adaptant en quelques semaines le masque EasyBreath de Décathlon pour l’oxygénation des patients et la protection du personnel soignant, en partenariat avec Safran.

Optimisation, flexibilité, méthode, expertise transsectorielle, innovation… Crise ou pas, dans le monde d’aujourd’hui comme dans celui « d’après », l’ingénierie est et reste là pour accompagner l’industrie avec ces leviers indispensables à son bon fonctionnement. Industriels, vous pouvez compter sur nous.

[1] https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-le-vrai-poids-economique-de-lindustrie-francaise-1161178

[2] Une pratique nouvelle apparue avec le Covid 19.

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